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Extrait du livre « Changer - La psychologie du changement »
www.livre-psychologie.com
Se donner le droit à l’erreur Précédemment, nous avons vu que la perception de soi oriente en grande partie notre bien-être. Rappelons-nous que c’est en grande partie nos croyances qui guident nos réactions et nos expériences. Nous savons aussi que l’anticipation d’un événement réel ou imaginaire, positif ou négatif génère des émotions qui nous maintiennent dans un cercle vicieux. L’individu anticipant avec nervosité une entrevue (car il n’est pas convaincu de mériter cet emploi) aura beaucoup de mal à se vendre et ainsi à décrocher l’emploi proposé. Si l’anticipation est positive, elle génère des émotions positives. Si l’anticipation est négative, non seulement elle engendre du stress et de l’anxiété mais elle se transforme en problème d’ordre physique.
Maintenant que nous comprenons mieux le lien entre la perception du monde et notre propre expérience, il faut remettre en question certaines croyances assimilées et devenues des vérités absolues. Ces croyances empoisonnent souvent notre quotidien et bloquent les changements susceptibles de nous épanouir réellement. « Julie est profondément malheureuse avec son conjoint. De nature rustre et peu à l’écoute, Jean est à l’opposé du caractère de Julie, une femme douce et empathique. Même si elle est consciente de cette différence perçue négativement, elle se refuse à changer la situation car, pour elle, ce serait admettre son échec.»
Le simple fait de vivre est en soi un défi. L’entropie faisant son œuvre à bien des niveaux et à différentes étapes de notre existence, il n’est pas rare de nous éloigner de nos aspirations les plus profondes. La situation de Julie révèle la difficulté à admettre l’erreur. Ces histoires sont normales à l’échelle d’une vie et s’insèrent dans une évolution personnelle. Se donner le droit à l’erreur est non seulement important mais il constitue un élément primordial pour se libérer d’une culpabilité, qui a pour effet de nous entretenir dans une perception négative de nous-mêmes. Le mal existe mais est extrêmement rare. Ce qui est plus fréquent par contre, c’est le manque d’empathie. Une différence immense existe entre ces deux réalités. La maturité spirituelle évoque la capacité qu’a l’être humain d’être esponsable des actes qu’il commet. L’être mature comprend intuitivement ce sur quoi il peut agir alors que celui qui ne l’est pas condamnera le monde extérieur pour les difficultés vécues. Se donner le droit à l’erreur ne veut pas dire se déresponsabiliser, c’est s’affranchir de la culpabilité. Nous avons vu que la maturité de l’individu est proportionnelle à sa capacité de voir dans quelle mesure il est responsable de sa vie. Se donner le droit à l’erreur, c’est devenir responsable de ses actes, c’est franchir un pas en avant en se délestant d’un sentiment qui n’apporte rien de positif (la culpabilité), c’est pardonner tout en cherchant des éléments nouveaux pour ne plus reproduire les mêmes erreures. Celui qui entretient la culpabilité ne peut rien construire car il bloque ses forces. Ces dernières, se trouvent au sein même de notre nature profonde et sont réveillées parfois par une intuition, une rencontre ou une lecture qui vient à point. Qu’il serait bon pour l’ego de toujours avoir le mot juste dans toutes les situations : pour rabrouer intelligemment quelqu’un qui parle trop, pour répondre à un client agressif ou simplement pour faire rire cette séduisante dame. Nous nourrissons tous un idéal de perfection. Lorsque nous réalisons finalement que la réalité en est loin, nous en arrivons à penser que nous «sommes bons à rien ». Cessons d’entretenir ces pensées. Nous nous imposons souvent une pression inutile en imaginant devoir agir avec une intelligence et un jugement exemplaire dans toutes les circonstances. Pourtant ceci n’est pas possible. Nous serons tôt ou tard confrontés à des échecs plus ou moins grands. Nous devons comprendre qu’il est impossible d’agir de façon parfaite. Ce qui est important, c’est de faire de notre mieux et ceci implique nécessairement s’exposer à des erreurs et à des échecs. Cessons d’exiger des autres ce que nous ne pouvons exiger de nous-mêmes. La nature même de l’être humain est imparfaite puisqu’elle est en changement continuel. En se rendant coupables et en confinant tout notre être dans le remord et la honte, nous nous éloignons de l’idéal de vie que chacun porte en lui. Nous sommes indulgents envers les autres mais ne le sommes pas envers nous-mêmes. Pour certains, c’est le contraire. Dans le but de répondre à certains de nos besoins (être respecté et aimer), nous avons parfois entretenu des attentes élevées face à nous-mêmes ou à notre entourage. Au boulot comme dans la vie de famille, la société de consommation a créé une idée tellement fausse de l’être humain que nous sommes en train de recréer cette idée selon laquelle nous devons être performants dans tous les secteurs de la vie. Nous croyons même que le bonheur est de réussir dans tous les domaines... L’adolescence est une période charnière où l’individu assimilera des croyances bien précises sur la façon dont il doit agir pour répondre à différents besoins. Privé d’encouragements, il assimilera l’idée qu’il n’a pas le droit à l’erreur. C’est la recherche continuelle de ce sentiment d’approbation ou d’amour qui dirige certains de nos gestes vers un idéal de perfection peu accessible.
Il ne faut jamais perdre de vue que le chemin vers l’idéal le plus beau est pavé d’expériences parfois douloureuses qui façonnent notre âme. « Lors de mon stage en travail social, ma superviseur de stage m’a fait réalisé un aspect très important de ma personnalité. Dans mon idéalisme, je n’avais pas réalisé que, de toute ma vie, je ne m’étais jamais donné le droit à l’erreur. Je ne peux décrire le sentiment libérateur ressenti lorsque j’ai répété à cinq reprises : « J’ai droit à l’erreur ! » Cette phrase a eut pour effet de m’enlever un immense poids de sur mes épaules. Puisque dans notre société, il faut toujours aller plus vite et plus loin, il est difficile d’évaluer la portée de cette pression.
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Changer La psychologie du changement et du bien-être
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